Pourtant ce n’était pas gagné aujourd’hui…Laissez moi vous raconter.
Hier soir je suis sorti comme vous le savez et bien 5 minutes après mon arrivée, l’ un des employés de l’ hôtel m’ appelle et m’ annonce qu’il trouve que j’ ai une voix « so sweet », que je suis « nice » et qu’il « likes me » que ça le gène pas que je sois catholique et lui musulman dit il sans trop savoir. Grosse hallucination sur le coup et je lui explique tant bien que mal que j’ ai une copine (même si ce n’ est pas le cas), que je ne mange pas de ce pain là…bref limite le flip. J’ envois un mail sur la boite perso de mon ambassade pour avoir son impression et elle m’ indique le lendemain matin que c’est plus ou moins normal, c’ est pour être le proche d’ un occidental pour ne plus le lâcher et lui demander plein de trucs. Et qu’il faut être froid, distant…Ce ne sont pas nos amis mais des employés!
Dans le même ordre d’idée ce mardi matin, un des employés avec qui j’ avais parlé la veille et qui se dit « mon ami », m’a pas mal posé de question sur la vie en France, qu’il voulait pour lui ou son petit frère un visa pour y faire leurs études (en géographie a Paris 8 par hasard), alors qu’ils ne parlent pas la langue de Molière, il n’a pas franchement compris que pour nous déjà étudiant, surtout ceux qui sont seuls c’est super dur de pouvoir tenir les deux bouts, il m’a passé toutes ses adresses pour que je puisse le recontacter quand je serai en france, alors que je lui ai juste dit de voir avec l’ ambassade. Et il m’a demandé mes coordonnées…j’ avais pas lu la réponse de Magali de l’ ambassade mais n’ ayant pas envie de les lui donner, situation à problème, je n’ ai pas donné mon portable, « you understand, it’s reallly expensive », et j’ ai inventée une adresse mail inexistante et pareil pour l’ adresse postale, un mix de l’ adresse de Maryse à Paris et du Mans facile à retenir…Bref, ils sont gentils mais uniquement pour obtenir quelques choses auprès d’un « riche » étranger.
Moralité : si je veux visiter un endroit, me déplacer à Dacca, je contacte Milan le gérant ( il ressemble beaucoup à Ted de How Imet Your Mother) et je négocie avec lui, c’est bizarre à dire mais içi les relations qui reposent sur de l’argent sont saines : je demande un service, il me l’ octroie en échange de pièces sonnantes et trébuchantes!
Mais vers 11h, midi va commencer le vrai bonheur.
Après que j’ai lu un mail de l’ ambassade me disant que acceptait de me recevoir, le seul problème était de savoir comment le contacter. Il me semble plus simple d’envoyer un mail à l’ ambassade (je n’ai pas celui de cette personne) disant que je passerai pour prendre un rendez vous plus tard dans la semaine. C’est une dizaine de minute après que Milan arrive.
Il me demande ce que je souhaite faire aujourd’hui. Je lui explique que mes priorités sont dans l’ordre trouver des cartes postales, assez dur dans ce pays pas spécialement touristique, des timbres et des enveloppes à la Poste, les postes offices sont également super dur à localiser quand on est pas dans les quartiers « aisés et riches » comme Gulshan, le quartier des ambassades, je suis à Utarra plus « Mid-Class ». Note à ce propos, les mendiants sont plus présents dans le quartier des ambassades qu’ ailleurs, j’en n’ai vu aucun quand je suis allé dans un quartier très pauvre hier et on m’a juste regardé avec curiosité et encore pas tant que ça.
Mes autres priorités sont d’aller à l’ ambassade et de faire enfin le touriste!
On commence par les cartes postales, j’indique à Milan qui va faire le guide et qui va ainsi m’ apprendre plein de choses que je veux aller au Folk International où on trouve de tout à un prix modique par rapport à la France et qui a l’ avantage d’être proche de l’ ambassade de France. Avec Milan, nous partons en rickshaw puis GNC et j’ arrive sur place. J’ y trouve enfin les cartes de tout plein de sortes et qui sont, je trouve, belles et différentes des classiques cartes touristiques.
Ensuite détour à l’ ambassade où je demande un rendez vous, cependant la personne étant absente pour le déjeuner ainsi que sa secrétaire, la secrétaire de l’ ambassade m’ explique que je dois revenir, ce que je ne peux pas faire, je visite Dacca aujourd’hui, ou qu’ils me contacteront soit par mail, soit sur le portable du gérant de l’ hôtel (service non payant).
On repart à la recherche d’un poste office, nous le trouvons, mais Milan me traduit que le postier veut peser les lettres pour déterminer le tarif, or n’ayant rien écrit il ne veut pas le faire…Tant pis, Milan me montrera un bureau de poste plus près de l’ hôtel demain quand tout sera pret.
Je prend mes premières photos de Dacca, la poste, la boite au lettre et surtout les magnifiques lignes electriques!!! Comment dire… je m’ étonne pas ou plus qu’il y a de graves pertes d’ électricité à Dacca! Une coupure de courant au moins chaque soir dans mon hôtel, visible par le reboot du PC et qui sont fréquent dans d’autres secteurs de la ville. Une trentaines de cables (TV, Téléphone…) Mélangés, noués plus ou moins de poteaux électrique ou entre ceux ci, des câbles qui pendent au milieu de la rue à hauteur des yeux ce qui m’ oblige à faire des écart vu que je suis bien plus grand que les bangladeshis.
Ensuite départ pour le National Museum, très très intéressant, riches de trois cultures différentes (Bouddhiste, Hindou, Musulmane) aux pièces superbes en bois ou en pierre noire, j’ai vu un immense lit à baldaquin, des statues de Bouddha, Vishnu (Visnu ici), les portraits des grands hommes du pays, de magnifiques tableaux (j’ai moins aimé les abstraits qui le sont trop pour moi) dynamiques, fluides, vivants…Pour les rôlistes et fan de médiéval, il y avait aussi une riche collection d’ armes de différentes époques, la hache à deux mains et double tranchant ainsi que le cimeterre à lame dentelée de chaque coté auraient beaucoup plut…C’est franchement dommage que l’exposition au Musée Guimet à Paris ait été annulé, ça aurait intéressé beaucoup de monde, moi je l’ai vu maintenant ^^…Vous attendez peut être des photos maintenant? c’est le point négatif : on ne peut pas en prendre dans le musée et ils n’ont pas de catalogues des pièces exposées… Par contre l’idée du catalogue plaît à Milan (gérant/guide touristique/responsable d’une agence de voyage)
On repart. Cette fois ci, à pied, en direction de l’université de Dacca qui accueille 50 000 étudiants. Très différente des nôtres, les bâtiments ont plus besoin d’être rénovés que ceux de France, seul le British Council, qui permet aux étudiants de valider leur études pour avoir équivalence et bourse pour le Royaume Uni est moins vétuste, dans une architecture très coloniale. Je teste avant la nourriture universitaire locale, très bons, de la friture pour faire des sortes de beignets (de trois types). Le professeur que Milan souhaite me faire voir risquant de ne plus être là on décide de revenir un autre jour (il est 17H30). Au passage, je tiens à signaler que dans les parties du centre de la capitale, on croise plus de femmes pour la plupart en tenue traditionnelle (Hindou et Bangladeshi) que je trouve très seyante! Je suis au goût des étudiantes mais j’ hésite, dans ce pays, à les prendre en photo.
Ensuite, on prend la direction du vieux Dacca, les rues sont de plus en plus étroites et les rickshaws ont de plus en plus de mal à avancer, la foule est dense et on est assailli d’ odeurs et de sons que je commence à apprécier (excépté les odeurs d’ urines de détritus : les canalisations servent de toilettes, et les poubelles de nourriture à chèvres. La vieille ville me fait penser au souk de Marrakech exceptée qu’elle n’est pas couverte. Chaque zone à sa spécialité : travail de l’ acier, tissage, garage, réparation de vélo…Le tout dans des petits ateliers d’ à peine 5m². Tout les activités sont d’ordre pratique rien n’est touristique. Les bâtiments ont vraiment besoin de faire peau neuve, seuls les mosquée (j’ai pu en visiter une) et les écoles sont moins touchés par la décrépitude. On arrive au fleuve où je découvre LE moyen de locomotion fluvial entre les villes du Bangladesh. L’eau est un problème important dans la vieille ville, plusieurs fois on a croisé des bassins verdâtres où pullulait moustiques et détritus.
En allant vers l’étape finale, un restaurant célèbre du Bangladesh, référencé dans le Lonely Planet, on passe devant le Pink Palace, splendide architecture et couleur rose qu’on trouve souvent dans la vieille ville. Mais surtout on passe après dans des rues où on lieu un festival Hindou en l’honneur d’une divinité, musique, magasins de musique traditionnelle où on pouvait regarder les artisans à l’ oeuvre, temples Hindous…Magnifique!
On va enfin au fameux restaurant, Al-Razzaque, qui fait aussi hôtel. Nous mangeons dans des sortes de fajitas du mouton (grassouillet il devait être dans une sauce biens grasse elle aussi et du riz avec du poisson au curry. Délicieux! Il me propose ensuite une boisson à base de lait,de citron et d’un autre ingrédient que je n’ai pas compris…c’était hm particulier, pas mauvais mais d’un goût étrange je n’ai pas fini demi-verre. Par contre, le dessert traditionnel bangladeshi…un R E G A L! je ne l’ai pas pris avec la glace pilée mais il faut absolument que je trouve la recette pour vous faire goûter.
Nous rentrons enfin après de longues heures dans les transports en bus, inconfortable, bas de plafond surtout quand un ventilateur y a été fixé mais très abordable pour la population locale.
Les trois points que je rajouterai d’un point de vu scientifiques à cette journée sont les suivants.
Malgré qu’on dise que le Bangladesh est un pays musulman, à 87%, les bangladeshis se définissent en tant que bangladeshis et non comme musulmans. La cohabitation entre les différentes religions est très bonne, en tout cas à Dacca, les femmes se promènent avec des vêtements d’origine différentes, dans la rue pendant le festival, les Musulmans n’évitaient pas la rue, mais surtout dans le musée véritable pont entre les différentes parties de l’histoire du Bangladesh, dominé tour à tour par les bouddhistes, les Hindous et les Musulmans. La religion est également très modérée, je ne vois que rarement des burqa, les femmes préférant les vêtements traditionnels et colorés, leur cheveux libres ou artistiquement dévoilé par un châle.
Le second point est que l’ urbanisation de la capitale n’est pas contrôlée, que les services de transports sont très chaotiques, que les routes à trois voies sont des routes à 5 voir 6 voies, les bâtiments ne sont peu ou pas restaurés…Travailler sur l’ urbanisme à Dacca, capitale de 14,5 millions d’ habitants sera un véritable défi, qui nécessitera un autoritarisme important je suppose si l’on souhaite avoir une ville qui ne part pas dans tout les sens, mais est ce que le gouvernement peut le faire seul??
Enfin, au niveau relation international, le musée est un hymne au patriotisme bangladeshi : l’Inde et le Pakistan sont vu comme des ennemis ou en tout cas pas comme un ami vision partagée par la plupart des bangladeshis, le bangladesh se souvient des heurts de la scission entre le Pakistan et l’ Inde et la guerre d’ indépendance contre le Pakistan. Sinon, les bangladeshis suivent attentivement les élections américaines et espère plus que le président soit McCain plutôt qu’Obama (Clinton n’est pas très bien vu « elle est comme son mari ») car le candidat républicain a adopté une fille originaire du Bangladesh, et les habitants espèrent que ce sera en plus en leur faveur sur la scène internationale.
Cette journée fut très complète, longue, mais je l’ai adorée avec son lot de découverte…
PS: enfin découvert un hotel avec le wifi (et gratuit, la nuit est a 100 dollars même si on peut descendre en dessous grâce à Milan qui a un accord avec son agence de voyage) mais pas eu trop le temps de surfer car Milan n’y est pas resté très longtemps, cependant en voyant ce que ça me permettait sur mon laptop, il avait l’ai très intéressé par le principe du wifi, en équipera t il son hôtel un jour prochain?